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De la biologie spatiale aux jumeaux numériques : Repenser l'humain pour les étoiles

Publié le par lestoile

L'Herméneute — La route du Soi

Trust My Science relayait récemment une découverte inattendue. En analysant le sang d'astronautes, des chercheurs ont constaté que le ralentissement du transit intestinal en microgravité change le comportement des bactéries de l'intestin : elles se mettent à fermenter les protéines, et cette fermentation libère des métabolites potentiellement nocifs. De quoi poser un problème sérieux aux missions de très longue durée.

La mécanique du problème : quand les bactéries changent de régime

L'origine de cette découverte repose sur des bases solides : une vaste étude de métabolomique publiée dans la revue Nature Communications, s'appuyant sur l'analyse de plus de 400 prélèvements sanguins effectués sur 52 astronautes ayant séjourné à bord de la Station spatiale internationale entre 2006 et 2018.

Que se passe-t-il exactement ? Lorsque le transit intestinal ralentit en apesanteur, les bactéries du microbiote épuisent rapidement les fibres disponibles. Pour survivre, elles se rabattent sur les acides aminés issus des protéines. Cette fermentation protéique génère des dérivés chimiques — p-crésyl sulfate, indoxyl sulfate, phénylacétylglutamine, ammoniac, sulfure d'hydrogène — qui passent alors directement dans la circulation sanguine.

Les quatre risques majeurs de l'accumulation métabolique

Sur des missions de longue durée, de plusieurs mois à plusieurs années comme un voyage vers Mars, l'accumulation chronique de ces métabolites pose quatre risques majeurs.

Charge rénale et toxicité urémique

Des molécules comme l'indoxyl sulfate et le p-crésyl sulfate sont des toxines urémiques bien connues. En vol spatial, où les astronautes risquent déjà la déshydratation et la formation de calculs rénaux dus à la déminéralisation osseuse, forcer les reins à éliminer en continu ces toxines augmente le risque de lésions et d'insuffisance rénale fonctionnelle.

Impact neurologique et cognitif : l'axe intestin-cerveau

Plusieurs de ces métabolites traversent ou altèrent la barrière hémato-encéphalique. Les études associent leur présence à une baisse de concentration, une fatigue mentale accrue, des troubles de l'humeur et des états anxieux. En environnement hostile et confiné, la moindre altération de la vigilance ou de la prise de décision met l'équipage en péril.

Stress oxydatif et altération mitochondriale

Des composés comme la phénylacétylglutamine sont impliqués dans le stress oxydatif, le vieillissement cellulaire prématuré et le dysfonctionnement mitochondrial. Combinés aux radiations cosmiques inhérentes au voyage lointain, ces métabolites créent une double pression biologique que les cellules réparent difficilement.

Perméabilité intestinale et inflammation

L'ammoniac et les composés sulfurés irritent la muqueuse de l'intestin et dégradent la couche de mucus protectrice. Cette porosité laisse fuir des toxines dans le sang, entretenant une inflammation systémique à bas bruit qui affaiblit encore un système immunitaire déjà déprimé par le vol spatial.

Mise en perspective scientifique

Il est crucial de noter que ces quatre risques sont extrapolés à partir de la néphrologie et de la médecine terrestres. À ce jour, aucun d'eux n'a été documenté cliniquement chez les astronautes étudiés — l'étude ne cherchait d'ailleurs pas à les mesurer. Elle précise en revanche que les perturbations sanguines observées s'estompaient dans les jours suivant le retour sur Terre.

C'est précisément là que réside le véritable enjeu : que devient ce déséquilibre biochimique, réversible à court terme, lorsqu'il s'installe chroniquement durant un voyage de trois ans sans aucun retour anticipé possible ?

 

Et demain ? Faut-il se débarrasser du système digestif ?

Aujourd'hui, pour parer à ce problème, les agences spatiales se concentrent sur des solutions classiques : enrichir l'alimentation en fibres et recourir aux prébiotiques. Reste à imaginer ce que d'autres voies, encore hors de portée, permettraient d'envisager.

Face à ce défi d'ingénierie biologique, une idée radicale émerge souvent en science-fiction : si l'intestin dysfonctionne en microgravité, pourquoi ne pas le contourner, voire le supprimer ? C'est oublier que l'intestin n'est pas un simple tuyau. Le retirer reviendrait à sacrifier l'essentiel de nos cellules immunitaires et à détruire un réseau de plusieurs centaines de millions de neurones qui dialogue en permanence avec l'encéphale. Remplacer la digestion par une alimentation intraveineuse continue s'avérerait tout aussi désastreux : risques d'infections graves et dépendance à une machinerie trop fragile pour l'espace.

Il faudrait donc inventer autre chose. Voici une réflexion théorique sur ce à quoi pourrait ressembler la digestion des astronautes de demain.

Anticipation : le concept de l'endo-bioréacteur mucosal intelligent

Plutôt qu'une ablation mécanique risquée, l'alliance future de l'intelligence artificielle et de la biologie synthétique offrirait un paradigme bien plus élégant : externaliser le risque biologique tout en conservant l'interface naturelle de notre corps. Cette solution spéculative s'articulerait autour de trois piliers.

Le microbiote zéro-résidu conçu par IA

On remplacerait la flore sauvage par un consortium de micro-organismes synthétiques modélisés par ordinateur. Stables et dépourvus des gènes permettant de produire des toxines urémiques, ils tapisseraient la muqueuse, stimuleraient l'immunité et produiraient la sérotonine, sans jamais générer de dérivés toxiques.

L'alimentation macromoléculaire à absorption haute

La nutrition reposerait sur des complexes peptidiques absorbés intégralement dès les premiers centimètres de l'intestin grêle. Ainsi, aucun résidu organique n'atteindrait le côlon, rendant toute fermentation indésirable physiquement impossible.

Les nanopièges entériques

L'astronaute ingérerait périodiquement des nanomatériaux biocompatibles, dérivés du graphène par exemple, qui agiraient comme des éponges moléculaires. Ils captureraient sélectivement la moindre toxine endogène directement dans l'intestin, avant d'être évacués naturellement.

L'objection saute aux yeux et il faut l'assumer : traiter une accumulation de composés indésirables en avalant des nanomatériaux dont l'innocuité au long cours reste elle-même à établir, c'est faire au remède le procès qu'on fait au mal. Ce pilier-là est le plus fragile des trois.

Dans ce scénario d'anticipation, les reins et le foie seraient protégés de toute surcharge, la barrière cérébrale resterait imperméable aux neurotoxines, et le corps humain conserverait son intégrité immunitaire sans nécessiter de chirurgie invasive.

Le jumeau numérique : valider virtuellement avant de voler

Même dans ce futur technologique, comment s'assurerait-on qu'un tel système est viable sans mettre des vies en danger ? Grâce aux jumeaux numériques — une technologie qui, pour le coup, existe déjà et se développe rapidement.

Avant toute modification, l'ADN, le profil sanguin et rénal de l'astronaute seraient traduits en algorithmes pour créer une réplique mathématique de son organisme dans un supercalculateur. Les chercheurs injecteraient virtuellement ce microbiote de synthèse dans l'avatar numérique et feraient tourner des simulations accélérées.

Si l'IA détectait la moindre accumulation toxique virtuelle, elle ajusterait la conception des bactéries et de l'alimentation jusqu'à obtenir un équilibre métabolique satisfaisant.

L'avenir lointain de l'exploration spatiale ne consistera sans doute pas à muer l'humain en machine. Il faudra plutôt composer avec ce que nous emporterons de plus ancien : quelques centaines de grammes de bactéries qui, elles, n'ont jamais demandé à quitter la Terre.

Sources : étude de métabolomique longitudinale publiée dans Nature Communications (plus de 400 prélèvements sanguins, 52 astronautes de l'ISS, 2006-2018). Signalement initial : Trust My Science. La seconde partie de cet article relève de l'anticipation et n'engage que son auteur.

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EN TRAVAUX

Publié le par lestoile

 

« L'Herméneute : 2006 - 2026. » 20 ans d'existence, ça se fête ! Mais avant de rallumer les projecteurs, on fait un grand nettoyage. On dépoussière les archives et on répare la cabine de projection. Comme le Coyote, on travaille dur en coulisses. Revenez vite, le film va reprendre !

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L’Herméneute : Le projecteur se rallume sur 20 ans d’archives

Publié le par lestoile

Comment espérer qu'un jour l'Homme que nous portons tous en nous puisse se dégager de l'animal que nous portons également si jamais on ne lui dit comment fonctionne cette admirable mécanique que représente son système nerveux? Comment espérer voir disparaître l'agressivité destructrice, la haine, la violence et la guerre? N'est-il pas indispensable de lui montrer combien aux yeux de la science peuvent paraître mesquins et ridicules les sentiments qu'on lui a appris à considérer souvent comme les plus nobles sans lui dire que c'est seulement parce qu'ils sont les plus utiles à la conservation des groupes et des classes sociales, alors que l'imagination créatrice, propriété fondamentale et caractéristique de son cerveau, n'est le plus souvent, c'est le moins qu'on puisse dire, absolument pas exigée pour faire un honnête homme et un bon citoyen."

- Henri Laborit (1914-1995), L'agressivité détournée, p. 8

Henri Laborit à été pour mois une grande rencontre en plus ce scientifique spécialisé dans les produits anesthésique

à contribuer à soulager le monde de la douleur.

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Y a-t-il un psychopathe en nous ?

Publié le par lestoile

Si la figure du tueur en série fascine Hollywood, la plupart des psychopathes ne sont pas des assassins. Malins, ils se fondent dans la masse. Alors comment les reconnaître ? Et sont-ils dangereux ? "42 - La réponse à presque tout" est la série documentaire scientifique d'ARTE.

lien vers le reportage YouTube

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Troubles dissociatifs de l'identité : comment vivre avec plusieurs personnalités en soi ?

Publié le par lestoile

Le trouble dissociatif de l’identité ou TDI, aussi appelé trouble de la personnalité multiple. Plusieurs personnalités cohabitent en elles, 10, 12…jusqu’à 40. Avec beaucoup de lucidité, elles nous racontent cette cohabitation pas comme les autres. Un trouble complexe et fascinant à la fois, dont elles vont nous raconter tous les aspects. « Troubles dissociatifs de l'identité : comment vivre avec plusieurs personnalités en soi ? » diffusée le 04/01/2022 à 13h50 sur France 2.

Voir l'émission " sur YouTube" 

voir l'émission par chapitre "personnage" 

 

Tous les jours, Faustine Bollaert accueille sur le plateau de «Ça commence aujourd'hui» des hommes et des femmes qui évoquent des événements marquants de leur existence, pour permettre à d'autres d'avancer dans leur parcours : un rendez-vous positif et optimiste.

Tous les jours, retrouvez le replay de l'émission en créant un compte "Ça commence aujourd'hui" sur France•tv. 

 

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Pourquoi Lestoile

Publié le par lestoile

Pourquoi Lestoile ?

J'ai eu la chance d'avoir pour parrain un homme qui possédait son propre cinéma. Le cinéma gratuit à volonté, sauf pour les films interdits aux enfants, car j'avais à peine 6 ans.

Ce cinéma s'appelait L'Étoile. Voilà l'origine de mon adresse ! Une touche de nostalgie, toujours présente.
Quant à ma marraine, elle savait toujours me remonter le moral en me disant que j'avais une bonne étoile.
Ils sont tous les deux décédés, mais ils m’ont légué le goût d’écrire, et c’est sous le label Lestoile que j’espère vous guider vers une information utile et plaisante.

Un blog entre psychologie et cinéma

Bienvenue à celles et ceux qui ont eu la curiosité de venir jusqu’ici.

Ce blog croise des sujets de psychologie et de cinéma.
J'ai créé une catégorie par type de personnalité et, pour chaque catégorie, je propose un ou plusieurs films comme exemple.
Chaque film sélectionné illustre un héros dont la personnalité correspond à la catégorie analysée.

Tout est changement. Bien que mon blog et ses thèmes restent les mêmes, j’ai décidé de le reprendre en main en explorant les nouveaux outils du web 2.0. Voyons si ces innovations peuvent améliorer notre communication. À première vue, les outils sont nombreux et les services avant-gardistes.

Le changement, clé de l’évolution

À ceux qui craignent le changement : tout change. Ceux qui ne changent pas meurent.
Comme disaient les Shadoks : « Si vous arrêtez de pomper, vous tombez. »

J'espère qu’ensemble, nous pourrons trouver quelques pistes d’émancipation, que ce soit dans les scénarios de films ou dans la vie concrète.

Je me suis nourri de Freud et Jung, pour ne citer que deux des grands piliers de la désaliénation de la pensée et de la vie.

Une humanité plus transparente… ou plus cloisonnée ?

Nous entrons dans une humanité plus transparente, plus éclairée, plus connectée grâce à Internet.
Pourtant, une grande rupture générationnelle et technologique se creuse chaque jour davantage.

  • Pour certains, le monde est un théâtre (voir catégorie articles). Ils exposent leur vie et leurs sentiments sans complexe sur la toile.
  • D’autres, plus méfiants, vivent dans la peur que l'on sache trop de choses sur eux, comme des paranos numériques.
  • Enfin, certains préfèrent observer en silence, butinant discrètement dans les CV, les profils Facebook des collègues ou les publications en ligne, tout en verrouillant au maximum leur propre sécurité.
Participer ou s’effacer ?

Être créatif, c'est participer.
Mais je comprends que dans l’entreprise, il vaut parfois mieux ne jamais retirer son armure.

 

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Vues philosophique sur le cinéma

Publié le par lestoile

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Une capsule pour mieux comprendre le lien entre intestin et cerveau

Publié le par lestoile

Une équipe multidisciplinaire de l’université du Maryland a mis au point une capsule injectable capable d’élucider la relation complexe entre le microbiome intestinal et le cerveau.

 

lire la suite cliquez sur les liens ci dessous:

Notre microbiote intestinal est unique, comme des empreintes digitales

 

 

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Sommes nous en là "The Truman Show"

Publié le par lestoile

The Truman Show, ou Le Show Truman au Québec, est un film américain réalisé par Peter Weir, sorti en 1998. Il met en scène Jim Carrey dans le rôle principal, aux côtés de Laura Linney, Noah Emmerich, Ed Harris et Natascha McElhone. Le film raconte la vie d'un homme, Truman Burbank, star d'une télé-réalité à son insu. Depuis sa naissance, son monde n'est qu'un gigantesque plateau de tournage et tous ceux qui l'entourent sont des acteurs. Lui seul ignore la réalité. Le film explore ses premiers doutes et sa quête pour découvrir le but de sa vie.

Synopsis
Truman Burbank est un agent d'assurances, marié à Meryl, qui est infirmière. Ils vivent paisiblement dans la cité paradisiaque de Seahaven remplie de gens sympathiques, de maisons identiques et de jardins bien entretenus. Truman a néanmoins envie de voyager à l'étranger, de découvrir de nouvelles choses et, surtout, de retrouver une femme, Sylvia, dont le regard l'a envoûté dans sa jeunesse. Cependant, tout semble contraindre Truman à rester dans la ville. Sans le savoir, il est en effet le héros d'une émission de télé-réalité qui le suit depuis sa naissance.

à voir et à lire sur allociné cliquez sur le lien orange

The Truman Show sur OCS City : saviez-vous que ce film avait donné son nom à un trouble psychiatrique ?

 

Avec Internet, les réseaux sociaux et les nouvelles technologies, certains psychiatres et scientifiques craignent que de nouvelles maladies mentales n'émergent dans les années à venir.

 

 

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le règne du médecin – selon l’auteur toujours – touche à sa fin:

Publié le par lestoile

« On parle beaucoup, ces temps-ci, de la crise de la santé: vieux sujet remis à l’ordre du jour par un nouveau gros essai de Jacques Attali, économiste français, conseiller de François Mitterrand. Jacques Attali, à qui l’on doit, entre autres, une «économie politique du bruit», parue chez PUF en 1977 (sous le titre Bruits ), et qui, aujourd’hui, propose une «économie politique du mal» avec L’Ordre cannibale (chez Grasset).

Pourquoi l’ordre cannibale? Parce que, selon l’auteur, le cannibalisme est une défense fondamentale de l’homme, attitude qui correspond à une stratégie en deux temps. Premier temps: dénoncer le mal, qui se situe, pour le cannibalisme archaïque, dans l’âme des morts. Deuxième temps: évacuer le mal, le séparer de son «support», c’est-à-dire du corps des morts. En mangeant ces derniers pour se protéger.

Nous n’en sommes plus là. Depuis les sacrifices païens, le cannibalisme a évolué, et c’est, affirme l’auteur, le prêtre qui a ritualisé la pratique sacrificielle, l’acte cannibale, le mal étant devenu, avec la religion, culpabilité. L’eucharistie: un cannibalisme. Mais au prêtre succède le «policier» qui écarte de la société le mal, c’est-à-dire le contagieux, le lépreux. Au «policier» succède enfin le médecin: le mal est alors considéré comme une panne dans le corps humain, et ce n’est plus dès lors un individu malade, mais la maladie en soi qu’il convient d’écarter.

Et aujourd’hui? le règne du médecin – selon l’auteur toujours – touche à sa fin: peu à peu, la machine succède au praticien, qui ne sera plus, bientôt, qu’un relais entre le malade et mille appareils produits en série. Jacques Attali voit dans cette dernière évolution une nouvelle ère, où le mal n’est plus ni péché, ni fléau social, ni fatalité microbienne, mais «non-conformité à la norme».

LIEN VERS LAVENIR

FUTUR ROBOT

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